education sexuelle, La sexualité humaine dans une perspective scientifique,pornographie, homosexualité et réligion


Education sexuelle, pornographie et réligion


Auteurs du chapitre: Pablo Requena et Wenceslao Vial [1]


Premier chapitre en français du livre:La aventura del amor, José María La Porte, Sergio Tapia-Velasco (editeurs)


1. L’ “éducation sexuelle”.

Il y a quelques décennies l’on parlait très peu de sexe dans le milieu scolaire, et le thème du genre n’éatit pas traité. L’unique genre qui apparaissait dans les salles de classe était celui des mots, qui pouvaient être masculins, féminins ou neutres.

Aujourd’hui tout cela a changé, et depuis longtemps il y a des cours plus ou moins structurés d’éducation sexuelle. Pour certains, il s’agit d’une manifestation positive du processus de libération qu’ont obtenu nos sociétés modernes, en supprimant les horribles préjugés religieux qui durant des siècles ont considéré avec méfiance tout ce qui se réfère à la sexualité. Pour d’autres c’est une manifestation d’une dégradation insupportable des coutumes qui s’avère nocive pour les enfants et qui entraînera des conséquences négatives. Peut-être que le changement ne sera pas ni tant bénéfique ni tellement lugubre comme l’on s’imagine.

L’éducation est, en principe, positive. Savoir est toujours quelque chose de bon. Pourquoi alors ce soupçon devant la dite “éducation sexuelle”? Pourquoi des milliers et des milliers de parents manifestent dans les rues de plusieurs capitales européennes contre le genre dans les collèges? Le problème n’est pas tellement dans le fait de donner des informations sur la sexualité qui, en fin de compte, est comme donner des informations sur l’histoire humaine ou sur les mathématiques. Le problème ne réside pas dans l’enseignement de la biologie du processus de génération. La question de fond est le concept de sexualité qu’il y a derrière ce qui est enseigné, et quel rôle occupe cette dimension humaine dans l’ensemble de la personne. Mais en plus il y a une autre question. L’enfant, l’adolescent, se trouve dans une période de maturation, de croissance; et dans ce processus, chaque enseignement, chaque nouvel habileté a son moment adéquat. Pourquoi l’on n’explique pas les équations de troisième degré aux enfants de la maternelle? Parce qu’ils ne les comprendraient pas: leur capacité de calcul n’est pas suffisamment développée pour atteindre cette opération. Pourquoi l’on n’enseigne pas à conduire aux enfants de 10 ans? Parce que ce serait un désastre: ils provoqueraient de nombreux accidents non nécessaires. Même dans le sport, tant recommandé depuis le bas âge, il y a plusieurs décennies que l’on invite à la prudence dans la manière de programmer les entraînements, car il a été montré que le corps de l’enfant n’est pas développé pour certains exercices, et qu’une spécialisation précoce de certains mouvements peut comporter des problèmes de croissance et de maturation au niveau squelettique-musculaire; en plus de provoquer l’abandon de l'activité sportive par plusieurs adolescents. Comme c’est évident, ni les mathématiques, ni la conduite, ni le sport ne sont préjudiciables en soi. Ce qui est inconvenant est de les enseigner hors du temps prévu.

Quelque chose de pareil pourrait être dit en ce qui concerne la sexualité. C’est un thème important, qu’il faut enseigner… en son temps. Peut-être que c’est là où l’on trouve la grande diversité de points de vue: certains proposent une éducation précoce, tandis que d’autres proposent une éducation plus tardive. En 2010 l’Office Régional pour l’Europe de l’Organisation Mondiale de la Santé, en collaboration avec un centre fédéral d’éducation pour la santé allemande, publia quelques “Standards d’éducation sexuelle en Europe”. Ce guide part du constat de l’augmentation des taux d’infection du virus de l’immunodéficience humaine (SIDA) et d’autres maladies de transmission sexuelle, ainsi que des grossesses non désirées chez les adolescentes et du problème croissant de la violence sexuelle. Analysant le problème du point de vue sanitaire, il est expliqué que «améliorer la santé des enfants et des adolescents est crucial pour l’amélioration de la santé sexuelle en général. Les petits -est-il écrit- ont besoin de savoir la sexualité, tant en termes de risque qu’en termes d’enrichissement personnel, en vue de développer une attitude positive et responsable envers celle-ci. De sorte que cela leur permette de se comporter avec responsabilité, pas seulement envers eux-mêmes, sinon aussi envers les autres qui vivent avec eux en société.» La finalité du document ne peut être meilleure: développer une attitude positive et responsable face à la sexualité, et connaître les risques que comportent certains comportements associés à son exercice.

Le guide présente différents modèles d’éducation dans ce domaine, et les classifie en trois catégories: a) programmes d’ “abstinence seulement”; b) programmes d’ ”éducation sexuelle intégrale”; c) programmes d’ ”éducation sexuelle holistique”. Les premiers promeuvent simplement le retard des relations sexuelles: il s’agit de programmes qui selon le guide ont échoué tant dans la réduction des grossesses non désirées que dans la limitation de la diffusion des maladies sexuellement transmissibles. Les programmes d'éducation intégrale, avec l’abstinence, fournissent des informations sur l’utilisation des anticonceptifs et enseignent le dit “sexe sûr”. Les troisièmes, parmi ceux qui se trouvent dans le document de l’OMS, supposent un pas de plus, puisqu’à l’information que fournissent les seconds ils ajoutent une touche de croissance personnelle et sexuelle.

Le document signale correctement le lieu central que la sexualité occupe dans la vie des personnes, qui «dès qu’elles naissent sont des êtres sexués et ont la potentialité de développer leur sexualité d’une manière ou d’une autre. L’éducation sexuelle aide à préparer la jeunesse pour la vie en général, spécialement pour construire et maintenir des relations satisfaisantes qui contribuent à développer de manière positive la personnalité et l’estime de soi». En plus, continue le guide, dans le contexte actuel les jeunes ont accès, surtout grâce à internet, à une masse d’informations sur le sexe qui dans plusieurs cas sont déformées: pensez, par exemple, à la présentation dégradante de la femme qui s’offre à travers la pornographie. Tout cela rend plus urgent une éducation sexuelle adéquate.

Quelques-uns ont manifesté leur crainte sur le fait que cette éducation pourrait favoriser le début précoce des relations sexuelles, mais -selon le guide- ce serait une crainte injustifiée tenant compte des études actuelles de l’UNESCO (2009). C’est plus, selon ces recherches l’on observe clairement que «l’éducation sexuelle, selon plusieurs études, tend à retarder le début des relations coïtales, réduit la fréquence des contacts et le nombre des couples et améliore les conduites sexuelles».

Jusqu’ici il pourrait sembler que les standards proposés par l’OMS sont un instrument optimal d’aide aux parents et maîtres, cependant, il n’en est pas ainsi. Le problème commence quand sont décrits les moyens qui doivent être utilisés pour la tant louée intention d’enseigner une attitude positive et responsable face à la sexualité. Ces moyens se meuvent dans trois champs d’apprentissage: informations, compétences et attitudes.

Le guide propose une “matrice” divisée selon l’âge avec des objectifs pour les champs suivants: le corps humain et son développement, fertilité et reproduction, sexualité, émotions, relations et styles de vie, sexualité-santé-bien-être, droits et sexualité, coordonnées sociales et culturelles de la sexualité (normes et valeurs). Pour les enfants de 0-4 ans, les points suivants dans le domaine de l’information sont proposés, entre autres: enseigner toutes les parties du corps et leurs fonctions, différents corps et différents sexes, concepts basiques de la reproduction humaine (d’où viennent les bébés), la jouissance et le plaisir lorsque nous touchons notre propre corps, la masturbation de la première enfance: le fait que le plaisir physique est une expérience propre (proche) et normale de vie, différents types d’amour; différents types de relation; le droit à questionner sur la sexualité; le droit d’explorer l’identité du genre: “rôles de genre”.

Ce n’est pas que ce guide ne pose pas le problème de l’adéquation de l’éducation sexuelle à l’âge: il a une partie qui traite de ce point. Le problème est que ces objectifs qu’il propose sont adaptés à une certaine manière de comprendre la sexualité, où l’important est d’éviter la violence, les maladies et les grossesses non désirées. Un concept de sexualité qui pourrait être bien pour prévenir des maladies, mais qui résulte extrêmement pauvre quand il est proposé comme paradigme pour montrer la beauté et la grandeur de la dimension sexuelle de la personne, et son rôle dans la relation interpersonnelle.

Ce livre essaie de montrer quelque chose de cette beauté depuis le champ de l’anthropologie, en indiquant aussi la vision positive que la culture chrétienne a de la sexualité. Vision qui pour beaucoup de temps a été troublée par des présentations de la doctrine assez pauvres.


2. La consommation de la pornographie nous enseigne quelque chose?

Quelqu’un pourrait dire que le problème signalé au paragraphe antérieur sur les modes de concevoir l’éducation sexuelle est simplement une question de focus. Chacun a sa vision de la sexualité, et de nos jours il y a beaucoup de personnes qui pensent que ce que l’on appelle la vision de la santé publique est suffisante, celle intéressée simplement à éviter les grossesses non désirées et les maladies. Celle-ci correspondrait à un standard minimum, sur lequel chacun pourrait construire après de la manière qui lui semble la meilleure. La société, l’école, devrait offrir cet enseignement minime pour éviter des abus, maladies et grossesses. Après, que chacun complète selon sa vision personnelle et religieuse. Cette posture semble assez raisonnable, mais le problème est que le standard minimum peut ne pas être suffisant pour une bonne formation des jeunes. Cela se voit très bien lorsque l’on étudie le phénomène de la pornographie, qui -en principe- n’a rien à voir avec les abus, la transmission des maladies et les grossesses possibles.[2]

La pornographie, dont le développement exponentiel dans les dernières décennies répond à un modèle libéral de sexualité très répandu après la dite “révolution sexuelle”, est en train de provoquer un énorme coût social pas seulement pour les victimes (fondamentalement des femmes et des enfants), mais aussi pour ses consommateurs. L’usage de ce matériel par internet, crée chez beaucoup de personnes un “idéal” de sexualité qui a peu à voir avec la vie réelle, et qui après se reflète dans certaines demandes au conjoint qui résultent beaucoup de fois humiliantes[3]. Les utilisateurs de la pornographie en ligne reconnaissent que chaque fois ils cherchent des images plus extrêmes et impactantes, et que tout le monde virtuel leur rend difficile la relation avec les femmes réelles. La conséquence est que avec fréquence la pornographie dégrade leur capacité d’aimer avec le corps, et pas quelque fois, ces personnes restent prisoniers de l’addiction pathologique du sexe.

Dans une publication sociologique récente sur ce thème, l'on indique qu’aux États-Unis, chaque année 4.000 millions de dollars sont utilisés dans des vidéos pornographiques, plus qu’au football, béisbol et basket-ball. D’autres données que mentionne l’étude: un sur quatre internautes entre, au moins une fois par mois, sur un site pornographique, et 66% des hommes entre 18 et 34 ans visitent mensuellement comme minimum une de ces pages. Le psychologue Gary Brooks, qui est en train d’étudier depuis plusieurs années le phénomène de la pornographie à la Texas A&M University, écrit que «le porno doux a aussi un effet très négatif sur les hommes. Le problème qu’il pose est le voyeurisme: enseigner aux hommes à voir les femmes comme des objets, au lieu d’établir des relations avec elles en tant qu’êtres humains». En plus, beaucoup de femmes se trouvent dans la difficile situation de ne pas savoir comment se comporter avec leur conjoint, quand elles savent qu’ils utilisent la pornographie, puisque la plainte pourrait être considérée comme une critique, ou une manifestation de pudibonderie. Mark Schwartz, directeur clinique de la Masters and Johnson Clinic de Saint Louis affirme que «la pornographie est en train de jouer un effet important sur les relations à plusieurs niveaux et de plusieurs manières distinctes, et, hors du champ du comportement sexuel et de la communauté psychiatrique, personne ne parle de cela»[4].

Si la consommation de pornographie fait du mal à l’adulte, pire encore est son influence chez l’enfant et l’adolescent, qui manquent de maturité nécessaire pour interprèter et valoriser ce type d’images, et cela les emmène à se faire une idée déformée de la sexualité et de la relation avec les filles ou garçons de leur âge. Dans beaucoup de cas, les parents n’ont pas la moindre idée du temps que leurs enfants passent devant l’ordinateur visitant des sites ou images pornographiques.

Ces coups de pinceaux sur les effets négatifs de la pornographie montrent que la dimension sexuelle de la personne est beaucoup plus sensible que d’autres dimensions humaines. L’homme découvre des pulsions distinctes en son intérieur, quelques-unes très basiques d’autres plus organisées: la faim, la haine, le désir de vengeance, la pulsion sexuelle… Quelqu’un peut voir un film dans lequel la trame tourne tout autour de la vengeance, et après aller dormir sans des sentiments négatifs particuliers. Cependant, cela ne succède pas ainsi lorsqu’il s’agit d’un film pornographique: il ne laisse pas indifférent. Avec cela l’on ne prétend pas soutenir que la pornographie soit l’unique élément qui peut conditionner négativement un film: un certain type de violence, ou certaines approches sans un sens transcendant de l’existence peuvent faire aussi beaucoup de mal. Dans tous les cas, l’influence que la pornographie a sur notre intérieur et aussi dans notre manière de nous comporter, est plus intense que dans le cas des images ou histoires qui font appel à d’autres pulsions. Cela devrait nous conduire à prendre soin de tout ce qui est lié à la propre sexualité… non pour des contraintes externes, pour des “normes morales” qu’on ne sait pas qui les établit, ou par des craintes dérivées d’une vision néagtive du sexe, sinon pour la simple raison qu’il s’agit d’une dimension “fragile” de la condition humaine.


3. Un peu d’histoire de la sexualité.

Dans tous les cas, le sexe est le sexe depuis que le monde est monde. Y aurait-il eu un changement digne d’être mentionné? Il est vrai que la sexualité humaine, dans sa dimension biologique et corporelle, a peu changé depuis l’apparition de l’homo sapiens. Cependant, les façons de voir la sexualité, de la comprendre et de la vivre ont changé, et beaucoup changé… C’est sûr qu’il y a toujours eu prostitution, adultère, homosexualité, pédérastie… mais pas toujours justifiés théoriquement comme dans l’actualité. Et ce phénomène est digne d’étude. Un point culminant de cette histoire est la dite révolution sexuelle de 1968, qui suppose l’explosion de quelques canons de comportement social en relation avec la sexualité, qui durant beaucoup de temps avaient commencé à perdre progressivement ses solides fondements. Ce fut quelque chose de pareil à ce qui se passe à la montagne lorsque pluie après pluie la structure souterraine perd son adhérence et un grand glissement de terrain se produit. Le démontage n’est pas le résultat d’un événement singulier, sinon de mouvements imperceptibles qui au fil du temps réussissent à miner la solidité de la montagne.

La révolution sexuelle de 1968 a mûri durant plusieurs décennies[5]. Kate Millet dans son livre “Politique sexuelle” parle d’une “première révolution sexuelle”, qui durerait presqu’un siècle (1830-1930), caractérisé par la revendication de l’égalité de la femme et par la lutte contre le patriacat. Après cette période il y aurait une autre de latence, qu’elle dénomme “controverse sexuelle” qui coïncide avec les années immédiatement antérieurs à la Seconde Guerre Mondiale et ceux de l’après-guerre, et qui arrive jusqu’aux années Soixante, quand se diffusent amplement les thèses freudiennes.

La révolution sexuelle de 68 défend le “sexe libre”. Libre de quoi? Libre de normes morales; la seule chose qu’elle obtient est de ruiner la beauté de la sexualité, et créer des complexes psychologiques entre les personnes. Il est intéressant de noter le concept de normes et de moralité qu’il y a derrière cette revendication. La norme morale est vue comme contraire à la liberté. Ce n’est pas quelque chose qui m’aide à me réaliser comme personne, sinon un système extrinsèque qui m’oblige à suivre une série de comportements, qui n’ont rien à voir avec ma félicité; et qui procèdent d’une certaine coutume sociale ou d’une vision religieuse du monde. Cette manière de considérer la moralité vient de loin, et a des racines philosophiques profondes. La Modernité mis sur le tapis la nécessité de donner une réponse aux grandes interrogations de l’homme accourant à sa capacité de raisonnement, sans essayer de se cacher derrière une idée sacrée du monde et de la personne, qui donnait pour acquis la manière adéquate de se comporter, de même que dans le champ sexuel. Cette crise du modèle antérieur ne rencontra pas toujours des réponses convaincantes sur le sens de la sexualité, de la procréation, du mariage; et dans quelques cas arriva même à une espèce d'auto fondation anthropologique qui finit dans le nihilisme plus radical, où la limite entre ce qui est bon et ce qui est mal disparaît, et tout reste réduit à une autonomie sans fils, sans direction, qui se meut sous l’impulsion de passions plus ou moins élaborés[6].

Dans ce contexte, les “maîtres du soupçon” occupent une place de choix et auront une influence directe dans le cas de Freud et indirecte dans le cas de Marx et Nietzsche, sur la future révolution sexuelle. Ces auteurs s’opposent à un rationalisme exacerbé, et considèrent la raison comme un subterfuge de pulsions intimes dans l’homme, qui conditionnent tout son dynamisme vital. Pour Marx ce sera l’intérêt économique, pour Nietzsche la volonté de pouvoir, et pour Freud l’union entre la tendance érotique et la destructive. Chez ces auteurs on trouve un désir commun de libérer la conscience personnelle de ces conditionnements sociaux qui ne lui permettent pas un développement harmonieux des pulsions naturelles. L’influence directe de Marx et Nietzsche passe à travers la débilitation théorique des fondements de la croyance religieuse et de ses devoirs associés. Freud, pour sa part, met la libido comme pulsion primordiale de la personne, et considère que la société souffre d'une névrose généralisée qui procède d’une répression de cette pulsion. Sans quitter le mérite aux travaux du fondateur de la psychothérapie dans ses intuitions sur la genèse de la pathologie mentale et dans les pistes qu’il proposa pour sa guérison, il faut indiquer que son approche sur le caractère exclusif de la pulsion sexuelle a été critiquée par beaucoup- aussi par quelques-uns de ceux qui commencèrent à travailler avec lui-, puisqu’il laisse de côté beaucoup d’autres dimensions importantes de la personne.

Avec cette ébullition d’idées dans le champ philosophique s’ouvre le XXe siècle qui a vu dans les années postérieures au second conflit mondial belliqueux une autre série de penseurs qui auront une influence assez directe sur l’éclosion de la révolution de 68. Ils ont été appelés par certains les “théoriques de la révolution sexuelle”, parmi eux il convient de remarquer Reich et Marcuse dans le secteur allemand, De Beauvoir et Bataille dans celui français. Wilhelm Reich est connu surtout pour son livre “Révolution sexuelle” publié en anglais en 1945. Dans ce texte, il tente une synthèse entre la théorie psychanalytique de Freud, qui fut son maître, et les idées révolutionnaires marxistes, où son histoire personnelle et quelques épisodes de son enfance auront une influence notable. Même s’il reconnaît que quelques normes morales sont nécessaires pour éviter le chaos que produirait dans la société l’exercice libre des pulsions sexuelles, il pense que les existantes sont très strictes, et provoquent la perturbation sexuelle de l’Occident. Il propose une “révolution” pour délier la sexualité du mariage. Il affirme que les relations extraconjugales sont bénéfiques, et suggère- la base n’est pas claire- que la société libérée de ce type de normes répressives obtiendra un équilibre harmonieux, par conséquent, aucune réglementation morale ne sera nécessaire.

Un autre penseur qui contribue à la révolution sexuelle est Marcuse, surtout à travers sa tentative d’établir une médiation entre psychanalyse et marxisme. Dans l’essai Eros et Civilisation, il accepte complètement la thèse freudienne selon laquelle la sexualité obéit au principe de plaisir. Cependant, face à Freud, qui parle aussi d’un principe de réalité auquel le plaisir devrait se soumettre, Marcuse soutient une sexualité sans règles. Il pense que, si l’on supprime les limites introduites par le principe de réalité, loin de nous convertir en victimes des pulsions agressives, une nouvelle société s’allumera, plus créative et heureuse. Pour cela, il propose le libre jeu de la sexualité et l'érotisation non seulement du corps, mais aussi du travail. Il s’agit d’ouvrir l’eros à une gamme plus variée de pulsions, de le libérer de l'obsession du sexe et, par conséquent, de le conduire vers une sublimation non répressive qui permette d’exprimer le sens complet de la réalité humaine. Quelques années après la publication de ce livre et du mouvement des communes hippies qui s’inspiraient de lui, Marcuse se voit obligé de reconnaître que la tant désirée sublimation non répressive de l’eros, une fois mise en pratique, non seulement n’a pas réussi à libéraliser l’amour, sinon qu’il l’a réduit à une pure sexualité des “zones érogènes immédiates”[7]. En somme, Marcuse doit accepter son erreur: la liberté sexuelle, même la plus illimitée, n’est pas une vraie alternative à la répression de l’eros, sinon bien plus, coïncide avec sa dégradation[8]. Si la voie de la sublimation sociale de l’eros peut être aliénante, il existe un type de “dé-sublimation” encore plus répressive: la transformation de l’eros en objet de consommation. L’énergie de l’eros, au lieu d’être utilisée pour la reproduction, sert alors pour reproduire et augmenter pas la vie sinon le capital. L’eros se transforme ainsi en une fonction stratégique du marché.[9] 

Simone De Beauvoir est connue pour ses écrits en faveur d’un féminisme plus décidé que celui proposé dans les décades précédentes, et qui donnera lieu dans les années 60 et 70 au dit féminisme radical. Pour cela, selon l’opinion de De Beauvoir, il ne suffit pas d’annuler la propriété privée pour atteindre la fin ultime de la révolution. Sans propriété, il reste encore les différences entre les hommes et femmes et entre pères et fils, qui sont source d’innombrables abus. De là sa conclusion: la transformation de la société ne peut être totale jusqu'à ce que disparaisse la famille[10]. Dans son livre principal, “Le second sexe”, publié pour la première fois en 1949, elle critique fortement le patriarchat, comme modèle social responsable de l’assujettissement de la femme. La libération de ce système requiert pour cet auteur le mépris de la maternité, et l’attaque à la famille comme elle a été conçue durant des siècles; puisque ce serait les éléments essentiels du système patriarcal. Sa bataille contre le mariage n’est pas une bataille contre le sexe, sinon contre une sexualité dirigée à la procréation. Selon elle, immédiatement après l’union sexuelle il y a une lutte entre les intérêts de l’espèce et de la femme individuelle. L’avortement paraît être ainsi l’unique conséquence d’une élection libre, dans laquelle l’individualité de la femme s’élève, triomphant sur la force atavique de l’espèce. Pour cette raison la philosophie française fut une grande promotrice de l’avortement et de l’anticonception. 

Georges Bataille est un auteur difficile à encadrer, et suppose un type de discours plus proche de la revendication révolutionnaire de 68. Dans son livre “L’erotisme” (1957) il propose la transgression des normes sociales se référant à la sexualité pour les considérer arbitraires, subjectives, et, par conséquent, susceptibles de changement. Dans sa conception historique de la sexualité, l’erotisme apparaît dans le passage de l’animal à l’homme, quand le sexe perd sa connexion avec la reproduction. La libération de l’eros qu’il propose ne consiste pas seulement dans la recherche du plaisir vénérien sans plus, sinon dans une recherche qui porte avec elle la transgression de la loi. Cette idée sera très présente, comme nous l'avons mentionné auparavant, dans la révolution sexuelle. D’autre part, il soutient l’insuffisance du mariage comme catalyseur de l’instinct sexuel, ce qui se manifeste, entre autres choses, dans le phénomène des orgies.

Tous ces auteurs ont eu une influence notable dans le changement de la perception sociale de la sexualité et de son exercice, tant dans le mariage qu’hors de celui-ci, et ces approches débouchèrent sur la révolution sexuelle de 1968. Ces idées ont pénétré non seulement dans le champ académique, sinon qu’elles sont arrivées aussi au grand public à travers des publications du genre informatif, tout comme de la littérature et du cinéma.

Après 68 la production littéraire et académique en relation avec la sexualité ne s’est pas interrompue. Ici nous signalons deux récifs qui nous paraissent de grand intérêt pour comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons maintenant: les travaux de Foucault sur l’histoire de la sexualité, et les écrits de quelques féministes radicales. Michael Foucault se propose un projet très ambitieux duquel il ne réussit seulement qu’à terminer les trois premiers volumes avant que le sida ne finisse avec sa vie[11]. Dans sa proposition historique, il explique que la répression de la sexualité dans la société change de manière radicale au XVII siècle et arrive à son point maximum avec la morale victorienne du XIX siècle. Socialement l’on accepte seulement le sexe dans le mariage et dirigé à la procréation: on considère illicite le sexe extraconjugal et prématrimonial. Les raisons du changement dans la manière de concevoir socialement la sexualité il les trouve dans deux directions: l’économie, et concrètement le capitalisme, qui oblige un type de relation de travail qui exclut la femme; et la réligion, qui, avec sa doctrine sur le péché et la confession, propose une morale plus rigide. Foucault suggère, en échange, la libération de ces structures oppressives, qui ne correspondent à aucun élément objectif: elles sont conventionnelles et donc peuvent changer. Il met la société grecque comme exemple de culture qui accepte amplement le comportement homosexuel. Cependant, selon cet auteur, pour que triomphe cette révolution il est nécessaire qu’elle arrive au pouvoir, puisque c’est celui-ci qui gouverne selon sa volonté la manière de se donner de la sexualité.

L’autre récif de publications postérieures à 68 est celui de ces féministes, qui suivant les pas de De Beauvoir, ont assumé des positions chaque fois plus extrêmes. Ces écrivains, qui ont travaillé surtout dans l’enseignement universitaire, ont substitué le féminisme de l’égalité par un autre d’opposition de sexes. Comme chez d’autres auteurs déjà vus antérieurement elles considèrent le patriarcat comme ennemi qu’il faut détruire, puisqu’il s’agit d’un modèle qui subordonne la femme à la maternité, l’éloignant des lieux de travail, et par conséquent, des postes de pouvoir de la société. Trois livres importants de ce courant sont “Politique sexuelle” (Kate Millet, 1969), “La femme eunuque” (Germain Greer, 1970) et “La dialectique du sexe” (Sulamite Firestone, 1970)[12].

Un chapitre de cette même histoire, successive à la révolution sexuelle, est celui de la “question” gender (“genre”), sous ses divers noms (études sur le genre, théorie du genre, ou simplement genre). Le mot “genre” employé en relation à la sexualité semble entrer dans le champ académique de la main du controversé Dr. John Money, qui, dans un article sur l’hermaphrodisme de 1955, distinguait entre sexe biologique et genre comme rôle social. Le problème n’est pas certainement dans l’usage de ce terme, qui peut avoir son espace surtout dans le champ de la sociologie; sinon dans le type de la relation qui se propose entre le genre, comme auto perception de la propre dimension sexuelle en relation avec la société, et le sexe biologique. Dans les discussions sur cette matière on peut trouver des opinions pour tous les goûts. Au fond, les différentes postures mettent en relation le grand ou moindre poids qui se donne à la biologie et à la culture dans la configuration de la dimension sexuelle de la personne. Si c’est une grave erreur de penser que tout dépend de la biologie, il n’en est pas moins, de considérer que les différences entre l’homme et la femme sont simplement culturelles…

En relation au “genre” l’on est arrivé de nos jours à un affrontement culturel entre ceux qui parlent d’une dangereuse “idéologie du genre” qui voudrait imposer et enseigner aux enfants que les différences sexuelles entre l’homme et la femme n’existent pas, et n’ont pas de raison d’être liées au sexe; et ceux qui soutiennent qu’il n’existe aucune “théorie du genre” (et beaucoup moins une idéologie), qui n’est rien d’autre qu’un fantasme créé par des extrémistes réligieux… l’on ne sait pas pourquoi. Laissant de côté ces polémiques, qui ne paraissent pas assez utiles, il est vrai que chaque fois apparaissent avec plus de fréquence dans le domaine public des manifestations d’une présentation de la sexualité humaine qui ne répondent pas à un modèle binaire (masculin/féminin). Il suffit de penser aux 58 options que Facebook est arrivé à offrir en langue anglaise pour la case “gender identity”. Soutenir qu’il existe 58 modes distincts de considérer la propre sexualité, c’est pratiquement la même chose que dire que la sexualité est une auto construction personnelle.

Toutes ces idées qui se meuvent sur un plan théorique, ont des répercussions pratiques pas difficiles à deviner, tant au niveau de la valorisation éthique de certains comportements, qu'au niveau juridique, à l’heure de considérer certaines unions, et son cadre social.

Jusqu’ici nous avons parlé fondamentalement de la racine intellectuelle, philosophique, de la révolution sexuelle, et des idées de genre. Maintenant nous devons faire un pas en arrière pour considérer d’autres racines de ces changements culturels et sociaux. Ces autres racines se trouvent dans la sociologie et dans la médecine. Pour ce qui se réfère à la première nous signalerons deux moments, qui ont un nom propre, et qui correspondent à une influence lointaine et une autre proche de la révolution sexuelle. Le premier est Thomas Robert Malthus (1766-1834), dont les thèses sur la croissance exponentielle de la population en relation à une croissance plus faible de la production des aliments, même si elles furent obscurcies pendant son époque par l’optimisme du scientisme de la seconde moitié du XIX siècle, apparurent de nouveau avec une force notable, à partir des années vingt du siècle passé. Ces thèses servent de base pour promouvoir une mentalité antinataliste, et, donc, un exercice de la sexualité séparée de la procréation qui sera très présente en 68. Le second nom est celui d’Alfred Kinsey (1894-1956) qui, tout en étant zoologue, a réussi à changer la perception sociale sur l’exercice de la sexualité humaine dans les années cinquante du XX siècle. Il le fait à travers deux travaux descriptifs sur le comportement sexuel masculin et féminin, publiés respectivement en 1948 et 1953. Les résultats de ces études de terrain brisent l'idée de morale victorienne qui propose une sexualité uniquement conjugale et ouverte à la procréation. Les statistiques résultantes décrivent des pourcentages élevés d’exercice de la sexualité hors du mariage et des relations homosexuels. Les études Kinsey causèrent un grand émoi dans l’opinion publique, et passèrent ensuite à faire partie du baggage “scientifique” de la société de l’Amérique du nord influençant de manière notable les programmes sur l'éducation sexuelle qui se sont développés durant les décennies suivantes. Durant beaucoup d’années personne ne mit en doute les résultats de ces études. Cependant, à partir des années quatre-vingt-dix, ont commencé à être réalisées des analyses critiques des mêmes qui ont mis en évidence des déficiences notables en relation à la validité scientifique des enquêtes et de leurs résultats. Les objections sont de type méthodologique, et se réfèrent fondamentalement à l’élection des échantillons des enquêtes, qui incluent un pourcentage élevé de prisonniers, et de personnes qui se prostituent pour gagner de l’argent. Il y a aussi une confusion notable en relation à la catégorisation des comportements: on prend, par exemple, comme “acte sexuel” ce qui est une simple attraction vers une autre personne. Les études Kinsey incluent aussi une partie sur le comportement sexuel des préadolescents, qui des années après ont eu à se retirer lorsque fut découvert que les données procédaient d’un collaborateur de Kinsey qui abusait de mineurs.[13]

De la médecine, nous voudrions souligner un fait qui nous paraît d’importance capitale pour comprendre, tant la révolution sexuelle, comme le mode actuel de comprendre et exercer la sexualité humaine. Il s’agit de l’apparition et de la diffusion de la pilule contraceptive. Depuis des temps anciens, ont existé des modes pour empêcher les conséquences reproductives de la sexualité humaine, et concrètement depuis la fin du XIX siècle se diffusa l’usage des préservatifs. Cependant, la “pilule” a supposé une révolution, puisqu’elle obtient le but d’éviter la génération, sans nécessité de modifier en rien physiquement la relation sexuelle. Et ce qui est plus important, en laissant à la femme le contrôle sur les conséquences reproductives de sa vie sexuelle. Les investigations pharmacologiques sur la pilule contraceptive obtinrent en 1957 l’approbation de la part de la FDA (Food and Drug Administration: institut américain chargé de l’approbation de nouveaux médicaments), d’un médicament pour la régulation du cycle menstruel, et plus en avant, en 1960, sa commercialisation comme contraceptif oral.

Nous pouvons concluire cette section en signalant que le “sexe libre” invoqué dans la révolution de 68 a eu plusieurs conséquences pratiques dans la façon de vivre la sexualité, et a influencé énormément l’histoire récente de l’institution matrimoniale, l’augmentation exponentielle des divorces, et le toujours plus grand nombre d’enfants qui naissent hors mariage. Sur ces questions nous retournerons plus en avant, mais avant nous affrontons la question de ce que la Médecine peut dire en relation à la sexualité humaine.


4. La médecine a quelque chose à dire sur la sexualité?

Il y a de cela plusieurs décennies, le sexe du bébé qu’on attendait était une surprise réservée au moment de l’accouchement. Avec la généralisation des échographies prénatales, aujourd’hui les couples qui décident d’attendre sont très peu. Habituellement, après la 12e semaine de gestation, il est très simple de voir avec l’échographie les caractéristiques sexuelles externes et donc de déterminer le sexe. Puis, au moment de l’accouchement, on entend toujours la voix de quelqu’un qui annonce ou confirme: c’est une fille! ou c’est un garçon!

Il y a des cas où le développement a souffert des altérations et l’on n’arrive pas à savoir avec certitude le sexe, même après la naissance. L’anomalie se connaît comme organes génitaux ambigus, et a plusieurs grades et causes, sur lesquels nous reviendrons plus tard. Quelquefois, c’est un défi pour les médecins assigner le sexe le plus tôt possible, pour le dommage important que peut produire un retard dans cette mesure. Les dommages physiques viendraient spécialement à cause de la nécessité d’introduire vite un traitement hormonal, réduire le risque de tumeurs à cause d’organes génitaux cachés, améliorer la croissance et la formation des os. On a recours aux examens génétiques pour confirmer le sexe chromosique, et aux études hormonales et d’image, pour voir s’il existe des ovaires ou testicules, la présence ou non de l’utérus, etc.

Ces deux situations exposées résument ce que l’on attend du personnel sanitaire pour le thème de la sexualité et de la procréation: faciliter la naissance d’un nouvel être humain, et essayer de résoudre les pathologies ou complications qui se présentent à n’importe quel moment du développement, y compris les nombreux problèmes liés à la pratique de la fonction sexuelle dans la vie adulte. Avec les avancées technologiques et les bonnes connaissances de physiologie et psychologie, l'on arrive à aider la plus grande partie des personnes qui le demandent.

Quand les professionnels de la santé appliquent les connaissances scientifiques, il n’y a en général pas de difficultés, même s’ils ont des conceptions distinctes de la sexualité humaine, selon leurs propres convictions. Pour quelques-uns l’homme et la femme ne sont pas plus qu’un animal qui évolue et qui finit dans le néant, pendant que pour d’autres il s’agit d’un être avec un destin éternel. L’absence de foi en un créateur ou en une vie après la mort n’implique pas que les solutions pratiques, même dans le champ de la sexualité, ne soient pas adéquates. Depuis quelques années l’on observe un phénomène nouveau et dangereux: la science médicale, dans quelques domaines, s’est laissée manipuler. Et curieusement, à celui qui le fait remarquer, on l’accuse de préjugés religieux… Les intérêts extra-médicaux priment sur les données scientifiques. De cette manière, l’on cède à des pressions environnementales et l’on entre dans des questions qui ne sont pas médicales.[14]

Nous verrons par la suite quelques pathologies et des conditions diverses. Le point de départ a été partagé par des générations de médecins: la société demande à ces professionnels qu’ils sachent prévenir les maladies, les soigner ou, au moins, limiter les dommages et réduire la douleur. Dans quelques cultures il est tellement important le rôle préventif que l’on paye le docteur pour ne pas tomber malades. Nous mentionnerons brièvement cinq groupes d’anomalies: les dysfonctionnements sexuels, la dysphorie de genre ou trouble de l'identité de genre, les paraphilies, les altérations chromosomiques et les états intersexes[15].

Les dysfonctionnements sont ces irrégularités qui rendent difficiles le fonctionnement normal de l’activité sexuelle, empêchant qu’elle arrive à terme de manière adéquate. Ils sont très communs et peuvent arriver pour des motifs organiques ou psychologiques. Quelquefois, il y a des rejets phobiques à la sexualité, tension excessive ou méconnaissance dans le couple de quelques différences d’attitude et sensibilité qui doivent être prises en compte. Un exemple fréquent est l’anxiété ou la fixation obsessive sur les aspects liés au plaisir, qui freine la stimulation organique nécessaire pour l’acte. Quand cela arrive dans les mariages, il faut recourir à de bons médecins, pour éviter que se détériore la relation familiale.

On parle de paraphilies, quand l’objet du désir sexuel ou les situations qui produisent le plaisir sont inadéquates. Par le passé on les appelait perversions sexuelles. Elles comprennent l’exhibitionisme, la pédophilie, le travestissement et d’autres formes d’usage anormal de la sexualité, où les fantaisies, impulsions ou comportements d’excitation se produisent avec des objets inanimés (fétiches) ou animaux. Quelques malades cherchent la propre souffrance ou celui de l’autre à travers le sexe, ce qui s’appelle respectivement masochisme ou sadisme. La dernière édition du Manuel Diagnostique de Maladies Mentales, de l’Association Psychiatrique Américaine (DSM-5) introduisit une différence entre la paraphilie et le trouble paraphilique. Le diagnostic de trouble ou maladie se fait seulement lorsque l’usage de la sexualité cause un malaise ou dommage à l’individu, ou met en risque la santé d’autres personnes. La paraphilie en elle-même ne justifierait ni demanderait-disent les auteurs- l’intervention d’un médecin.

Une de ces anomalies est la pédophilie. Médicalement, elle consiste en la recherche de l’excitation sexuelle avec les enfants pré-pubères. Il s’agit presqu’exclusivement de garçons, qui beaucoup de fois dans leur enfance ont souffert des abus. L’environnement plus commun de cette grave déviation est l’environnement familial, au sens large[16]. Dans plusieurs occasions l’on confond le concept médical avec d’autres actes, pas pour autant moins préjudiciables, qui se donnent dans les relations homosexuelles avec des adolescents. Il y a une certaine contradiction dans le DSM-5, puisqu’ils signalent que la pédophilie n’est pas toujours une maladie, même si elle répond à l’exigence qu’ils déterminent pour les nommer ainsi: causer chez les mineurs d’âge un grave dommage psychique qu’ils traînent pour toute la vie, et quelque fois des lesions physiques pour des blessures traumatiques. Peut-être sert pour excuser les auteurs, le fait que nous sommes sur un terrain sur lequel avec fréquence il n’est pas clair la limite entre pathologie et conduite aberrante, ce qui fait que l’évaluation de ce comportement fait appel de coutume pas seulement au médecin ou au moraliste mais aussi au criminologue.

Le troisième groupe que nous mentionnerons est la dysphorie de genre, connue comme trouble d’identité de genre jusqu’en 2013, et qui avant s’appelait “transexualisme”. Le changement de nom fut justifié par le DSM-5, pour souligner la présence d’un malaise en relation au propre sexe. Pour le texte de l’amérique du nord, les appeler malades serait une forme de “stigmatisation”. Le terme sexe serait inadéquat, et seulement on devrait l’utiliser en relation à la santé reproductive[17].

Dans l’étape de préparation du manuel quelques-uns auraient voulu enlever la dysphorie de genre de la liste des maladies mentales. L’idée de les laisser prévalut, avec l’objectif de permettre à celui qui désirerait changer son sexe, la possibilité d’avoir accès aux services de santé, pour chercher des thérapies hormonales ou se soumettre à des chirurgies modificatrices des caractéristiques sexuelles, qui sont chères. Ces opérations, comme le reconnaissent les mêmes spécialistes qui se sont dédiés à cela, sont difficiles et avec fréquence ne résolvent pas le problème de fond à long terme[18]. La personne transexuelle se considère victime d’un accident biologique, pour être attrapée dans un corps incompatible avec son identité de genre; même si depuis le point de vue organique et biologique, son identité sexuelle est indubitable. Dans tous les cas, il est important de reconnaître la souffrance que leur produit leur condition et éviter toute discrimination qui peuve augmenter dite douleur. Cela est spécialement important pendant l’enfance et l’adolescence, où généralement apparaît le problème, qui s’accompagne d’anxiété et de symptômes dépressifs. Les parents doivent soutenir leurs enfants et avoir recours à des spécialistes qui peuvent les aider et les orienter à affronter les diverses situations. 

Les dernières pathologies que nous verrons sont les anomalies des chromosomes sexuels et les états intersexuels. Rappelons que les êtres humains ont 46 chromosomes. Les hommes ont un chromosome X et un Y; chez les femmes il existe deux X. Cela détermine le sexe chromosomique ou génétique. Quelques anomalies chromosomiques sont le Syndrome de Turner, avec une fréquence d’une femme entre 4000 nées vivantes: il consiste dans le manque d’un des chromosomes X (le résultat serait 45X), qui conduit à un mauvais développement pubertaire. Le syndrome de Klinefelter, présent chez un homme sur 800 né vivant, se diagnostique devant deux ou plus chromosomes X et un Y (47, XXY): le développement des caractéristiques sexuelles secondaires est pauvre, avec de petits testicules ou atrophiques. Le syndrome 47, XXY, enfin, se présente chez un parmi 1000 hommes: l’apparence externe ou phénotype est masculin, ils tendent à être grand de taille et avec un quotient intellectuel mineur.

Dans les états intersexuels l’aspect des organes génitaux externes, qui se sont formés durant les trois premiers mois de gestation, est ambigü ou ne coïncide pas avec le sexe chromosomique ou la présence d’ovaires ou testicules. Il y a plusieurs grades et types qui, comme l’a étudié n’importe quel médecin durant sa période de formation, doivent se reconnaître et traiter le plus tôt possible[19]. Les formes classiques de présentation au moment de naître sont trois. Les pseudo hermaphrodites féminins: femmes avec chromosomes XX et ovaires, mais avec des organes génitaux externes ambigus qui rappellent ceux des garçons; il est causé dans le fœtus féminin par un excès d’androgène (hormone masculin). Les pseudo hermaphrodites masculins: ils ont des chromosomes XY et des testicules, mais les organes génitaux sont ambigus ou féminins. Et, enfin, le vrai hermaphrodisme: dans lequel il y a à la fois le tissu testiculaire et ovarien, et les organes génitaux avec des structures masculines et féminines.

Une maladie qui peut amener à ces situations est l’absence d’une réponse, totale ou partielle, des cellules aux hormones masculines ou androgènes, connue comme syndrome d’insensibilité aux androgènes, qui détermine un manque de virilisation du fœtus. Ce seront des petits garçons génétiquement hommes, XY, mais qui naissent avec une moindre ou grande ambiguïté génitale: dans les cas légers, ils auront une apparence masculine. Quand l’insensibilité aux androgènes est totale, les organes génitaux externes seront féminins et par conséquent ils croîtront comme de petites filles. Les symptômes ou difficultés apparaissent à la puberté, quand surgissent des caractéristiques sexuelles secondaires propres des hommes. Ils auront développé une attitude féminine, même s’il y a un chromosome Y. Le traitement de ce rare cadre inclut l’extirpation chirurgicale des testicules atrophiés, qui peuvent avoir été cachés dans l’abdomen, et le supplément des hormones féminines. Il existe aussi la hyperplasie surrénale congénital, qui dans quelques cas porte à la virilisation des fœtus féminins, qui peuvent naître avec des organes génitaux ambigus.

Nous avons décrit des anomalies ou pathologies, sans que ce terme soit dans le plus minime cas péjoratif (celui qui n’a pas, a eu ou aura une maladie…). Il y a, cependant, ceux qui cherchent dans la souffrance de ces personnes et leurs familles un allié pour défendre des idéologies: il ne faudrait pas les considérer maladies, sinon une démonstration du fait que le sexe n’est rien d’autre qu’une gradualité continue entre femmes et hommes. Il n’est pas recommandable -affirment les plus extrémistes- de traiter les nouveaux nés avec des organes génitaux ambigus: il faudrait les laisser, pour que lorsqu’ils grandissent ils choisissent eux-mêmes ce qu’ils veulent être. Il faut s’attendre à ce qu’ils n’aillent pas de l’avant dans leurs prétensions, qui se résument à ceux de groupes qui désireraient la légalisation de la pédophilie, l’appelant sexe intergénérationnel.

La science médicale a toujours su qu’une possible difficulté pour reconnaître le sexe au moment de la naissance, n’indique pas qu’il y ait un troisième sexe. Même dans les cas plus complexes et moins fréquents, dans lesqueles il est difficile de découvrir un sexe dominant, on pourrait assigner un des deux uniques de l’espèce humaine. Comme dans d'autres décisions médicales, il pourrait avoir une erreur d’assignation au moment de la naissance, qui se fasse plus évidente avec le développement. Dans ces cas il sera possible une réassignation postérieure[20].

Il est nécessaire de rappeler que ceux qui expérimentent un désir sexuel envers des personnes du même sexe, et ceux qui se déclarent transexuels, de rare fois présentent des altérations chromosomiques ou des états intersexuels. Plus en avant nous reviendrons sur l’homosexualité.


4.1. Le conseil médical sur la sexualité et la pornographie.

Une fois établie que la médecine a beaucoup à dire sur la sexualité, nous verrons ce que peuvent conseiller ces professionnels en la matière. Ce qui s’observe d’habitude est que quelques-uns parlent au-delà de leurs compétences et d’autres se taisent…

La première règle devrait être de conseiller selon la science, cherchant la fin directe de la profession sanitaire: prévenir et guérir celui qui cherche de l’aide. Comme on l’a dit, le médecin peut avoir ses propres croyances ou doutes…, mais il ne peut les imposer à ses patients. Les intromissions d’éléments extra médicaux sont très dangereuses. Et dans cette ligne se meuvent ceux qui nient la différence essentielle entre homme et femme. La responsabilité est grande, parce qu’est en jeu la santé de beaucoup de personnes.

Le bon cardiologue doit savoir comment fonctionne le cœur, quelles arythmies sont dangereuses, quels sont les facteurs qui prédisposent à une crise cardiaque, les meilleurs régimes et les exercices plus appropriés… Le bon médecin qui affronte le thème de la sexualité doit connaître les aspects techniques, le fonctionnement de chaque organe et sa complémentarité, les hormones, les risques et bénéfices de certaines conduites. Ses conseils, beaucoup de fois, seront plus engageants que celui de prendre un type d’huile ou moins de sel… La science révèle que la sexualité est une dimension qui implique toute la personne, qui comprend non seulement les aspects corporels et physiologiques, mais également ceux psychologiques et spirituels. Certainement la sexualité humaine s’élève sur ces aspects simplement biologiques: ce n’est pas comme la sexualité animale, qui a une finalité beaucoup plus limitée. La sexualité humaine est la sexualité d’une personne. Mais cela ne signifie pas que “tout” dans la sexualité soit susceptible de modulation selon les préférences personnelles, comme si la biologie était accessoire. 

Ce n’est pas indifférent pour la santé la manière avec laquelle s’exerce la faculté générative et la recherche de plaisir. Tout bon observateur constate que l’attraction mutuelle chez les êtres humains est différente de celle des animaux: elle n’est pas présente seulement pendant les périodes fertiles, ce qui démontre qu’il ne s’agit pas d’un aspect simplement fonctionnel. La condition qui rend saine l’exercice de la sexualité est qu’elle se réalise de manière humaine, c'est-à-dire, qui transcende l’acte simplement animal et se transforme en geste personnel, qui surpasse l’instinct égocentrique et soit digne d’amour.

L’abus et la manipulation de la dimension sexuelle peuvent conduire à l’augmentation de la pathologie psychique. Parce que le sexe est une identité basique, lorqu’il se met en doute et que l’on fait douter les enfants sur s’ils sont hommes ou femmes, l’on est en train de miner le fondement du développement de la personnalité. Sur des fondations craquelées et fragiles, surgissent des personnes incertaines, avec une faible estime de soi, incapables de se donner. Il n’est pas difficile que s’effondre l’édifice et que se rompe le bien-être physique, psychique, social et spirituel.

La “libération” du sexe, qui a suivi la dite révolution sexuelle, a conduit dans pas mal de cas à sa banalisation, se convertissant à nouveau paradoxalement en un thème thabu. Que dirait Freud s’il “levait la tête”? Il serait étonné en voyant que déjà on ne peut plus parler de certains thèmes comme l’homosexualité, et que le même terme “sexe” ait été vidé de contenu, lorsqu’il fut remplacé par celui du “genre”. Genre comme quelque chose de vague qui rappelle son synonyme tissu (ces synonymes sont vrais dans la langue espagnole), ou pièce de vêtement qui peut être utilisé ou non et changer à volonté. Avec plus d’attention, le fondateur de la psychanalyse sentirait peut-être vibrer encore une de ses théories archaïques: son idée de l’homme poussé par des instincts irrésistibles et l’énergie aveugle du plaisir qui l’attache des pieds et des mains.

Il est nécessaire, aussi depuis la médecine, d’apprécier que nous sommes libres et que nous pouvons avoir un projet qui vaille la peine. La banalisation de la sexualité mène plusieurs jeunes à perdre le but, à rester dans des aspirations de court vol. Tant la recherche du plaisir facile, dans la masturbation, par exemple, comme le début de l’activité sexuelle avec d’autres personnes sans attendre le moment adéquat, ouvre le pas à des tendances désordonnées, non contrôlées par l’intelligence et la volonté, qui peuvent déclencher des problèmes. Beaucoup de psychologues avertissent des risques de ces conduites. Brûler les étapes avec une anticipation exagérée fait que s’épuise non seulement l’amour, sinon le plaisir lui-même, qui finit par disparaître. De la même manière que la terre exploitée a besoin de quantités croissantes de produits pour redevenir fertile, celui qui abuse de son corps comme un simple objet de plaisir, se rend esclave d’une consommation sans fin de stimulants, pilules, images, instruments…

On ne peut affirmer, depuis une perspective scientifique, que soit médicalement normal, ou même sain, avoir des relations sexuelles avec diverses personnes, et de diverses manières; ou que le genre se choisisse comme on le désire… Derrière beaucoup de comportements non naturels de la sexualité il n’y a pas de maladie; mais, un bon professionnel doit s’abstenir de conseiller des conduites dont le bénéfice est moins prouvé que ses risques, Il suffit de penser aux nombreux problèmes sociaux et de santé liés à un usage indiscriminé du sexe: maladies infectieuses comme le sida, les difficultés pour mener avec normalité une vie de couple, des crimes comme la pornographie, la prostitution ou la pédophilie, où règnent les intérêts économiques: la “danse autour du porc d’or”, avec des paroles de Viktor Frankl[21].

Il est très important que les parents, les éducateurs, les directeurs spirituels… et bien évidemment les médecins, rappellent à ceux qui cherchent un conseil en la matière, ce qu’affirment les psychiatres de prestige: «n’importe quel acte sexuel a lieu dans une relation interpersonnelle avec des retombées émotionnelles imprévisibles chez les protagonistes et inscription de chacun dans l’histoire de l’autre. En tant que relation entre deux personnes, vécue avec un acte libre et conscient, que l’on veuille ou non, il se convertit ipso facto en objet d’évaluation morale»[22].

Beaucoup de problèmes psychologiques et autres types de maladies, ainsi que des difficultés de la vie spirituelle et de relation sociale seraient prévenus en ayant clair cette vérité indiscutée. Les blessures que laisse l’activité sexuelle qui ne suit pas l’ordre de l’amour sont très difficiles à soigner. Cela se passe dans les cultures les plus variées, gens des cinq continents, croyants et non croyants, comme on peut le prouver. 

Un autre risque évident de l’activité sexuelle non contrôlée est l’addiction, qui se manifeste de manière similaire à celle de l’alcool, les drogues ou le jeu. Dans le processus physiologique normal du plaisir sexuel, qui est très complexe, quand on arrive au sommet de l’expérience sensible, se libèrent dans le sang plusieurs substances. Quelques-unes sont apparentées aux drogues opiacées, dans ce cas endogènes, qui provoquent un bien-être intense de brève durée, et peuvent contribuer à consolider le vice ou l’addiction chez les sujets prédisposés[23]. Il y a en plus des personnes qui vivent seulement pour le sexe, de manière clairement pathologique, et utilisent les autres exclusivement comme des objets de plaisir. Un éditorial du British Medical Journal de 2005 mettait en garde des dangers pour la santé du dit “chemsex”, dans lequel s’utilisent quelques drogues pour pouvoir prolonger les sessions de sexe, qui est en train de se répandre dans quelques groupes d’homosexuels[24].

C’est une tâche précieuse de diffuser une idée anthropologique scientifiquement correcte de la sexualité. Pour cela, il faut la voir en relation avec l’amour, qui enrichit celui qui aime et la personne aimée. De cette façon, on prévient ou on guérit quelques troubles de la sexualité, qui reflètent souvent un problème existentiel[25]. Quand l’on cherche le plaisir sans une ouverture vers l’autre, quand on utilise les personnes comme objet, le plaisir lui-même disparaît et surgissent des maladies mentales[26].

Dans cette ligne, il est important de faire connaître le moment spécifique de l’expression de l’amour sexuel: seule une union stable permet de transformer être sexuellement avec un autre en une relation spécifiquement humaine. Le début, pour ainsi dire, de l’activité sexuelle doit être à l’âge approprié et pas avant, comme on l’a dit. De manière similaire à une personne qui entre dans la vie laborale précocement et n’arrive pas, pour cela, à avoir une bonne préparation, «le jeune qui entre prématurément dans une relation exclusivement sexuelle, en consommant ses énergies sexuelles avant le temps, ne trouvera jamais le chemin qui conduit à la synthèse harmonique du sexuel et de l’érotique»[27], il ne sortira pas de lui-même vers l’autre, ne sera pas capable d’aimer en vérité. Il y a des études qui révèlent que ces jeunes ont une limitation importante de leurs intérêts et horizons, puisqu’«ils coupent les ailes à l’esprit»[28]. Le plaisir qu’ils obtiennent à petit prix absorbe tout type de préoccupations, pensés et même des idéaux.

Il faut contrer -dit Frankl comme psychiatre- l’hypocrisie de ceux qui proclament la liberté, mais se réfèrent seulement à la liberté pour faire le commerce avec le sexe et gaspiller de l’argent en cela. L’on doit chercher la synthèse de eros, comme tendance psychologique, et sexualité digne de l’homme, dans laquelle l’individu satisfait ses désirs sexuels exclusivement lorsqu’il aime[29]. Si l’on veut prévenir plus effectivement des maladies telles que le sida, qui continue de se répandre comme épidémie, il conviendrait de favoriser des changements d’attitude et de comportement dans la sexualité. Les recommandations habituelles, cependant, se limitent généralement aux aspects mécaniques ou techniques qui réduisent la contagion, et à l’usage de médicaments chers qui sont offerts -dans les pays riches et aux riches- comme “protection”, si l’on a des relations sexuelles avec beaucoup de personnes[30].


4.2. Comment affronter le désir homosexuel.

Même si les professionnels de la santé ne se mettent pas d’accord sur ce que signifie un désir homosexuel, ni sur la manière de l’affronter, on peut faire diverses considérations depuis la science. La première est que sans doute ce type de désirs ne reste pas hors du domaine médical. Ils sont nombreux les mécanismes physiologiques et psychologiques qui interviennent dans la stimulation sexuelle et dans la réalisation des actes propres. Dans le processus normal entre en jeu une multitude de mécanismes psychiques, comme les pensées, l’imagination et la mémoire. La perception et plusieurs stimulations sensorielles se font présentes. Après, une série d’événements plus ou moins automatiques se déchaînent.

Il est clair que la sexualité possède une force instinctive supérieure à celle des autres impulsions. Pour cela, il n’est pas étrange qu’il se réveille dans plusieurs circonstances, et face à divers objets. Spécialement au début de la maturité sexuelle, à la puberté, l’impulsion est grande. Des pensées ou images très variées, même sans référence érotique, peuvent déchaîner le procesus de la sexualité vers son sommet. Il se passe, par exemple, dans des expériences unies à l’anxiété d’un examen, à la crainte sociale ou au stress aigu pour d’autres motifs.

L’on sait en plus que les désirs sexuels envers les personnes du même sexe apparaissent avec une grande fréquence lorsqu’il n’y a pas de personnes de sexe contraire, comme cela se passe dans les prisons ou avant lors des voyages prolongés en bateau, et aussi dans les collèges avec un régime d’internat. De fait, le problème du sexe dans les centres de détentions est énorme, même si dans la majorité des cas il est interdit. Pour cela l’Organisation Mondiale de la Santé a recommandé que l’on permette aux prisonniers de disposer de préservatifs[31]. Les conduites sexuelles vers le même sexe s’observent chez de nombreux animaux, habituellement comme quelque chose d’isolé ou circonstancielle: depuis une tortue femelle qui agit comme le mâle, montant sur d’autres femelles quand elle va donner des oeufs, à un chiot qui ne trouve pas de compagne et cherche la stimulation agréable dans les objets à sa portée. Dans des circonstances environnementales normales, les animaux dirigent habituellement l’instinct vers le sexe contraire.

Que se passe t-il avec les personnes qui, expérimentant un désir sexuel exclusif (ou non) pour des personnes du même sexe, optent pour les relations homosexuelles comme style de vie? Eux aussi peuvent avoir une force instinctive plus forte et ne pas pouvoir ou ne pas vouloir la dominer. On mentionne des évidences d’une composante instinctive spécialement chez les homosexuels[32]. Même si, dans la réalité, chez les êtres humains il n’existe pas d'instincts au sens strict. Les impulsions qui mènent à satisfaire les nécessités ou à agir d’une manière déterminée, s’appellent tendances: à l’irrationnel s’ajoute la connaissance d’un objet ou d’une finalité. Dans le comportement sexuel humain sont importantes les fonctions cognitives supérieures avec leur substrat dans le cortex cérébral.

L’homme ou la femme qui décide de vivre en faisant usage de la sexualité avec une personne du même sexe sait ce qu’il ou elle désire et pourquoi il ou elle le fait, à moins qu’il ou elle soit réellement empêché(e) dans ses fonctions cognitives. Il/elle a transformé ce qui peut-être au début fut seulement une impulsion aveugle, en un mode de vie. Et l’a revêtu de rationalité en essayant de démontrer et de se prouver que sa décision est cohérente. Les hommes homosexuels déploient habituellement une conduite plus orientée au plaisir, avec plusieurs conjoints (le nombre a diminué après l’épidémie du sida). Chez les femmes, au contraire, on observe une recherche plus romantique de l’intimité et affectivité, elles ont habituellement moins de compagnes, font moins usage du sexe et vivent plus satisfaites[33]

Les médecins considèraient que l’homosexualité était une maladie jusqu’en 1973. Cette année, ils ont décidé aux Etats-Unis, lors d’un vote, de l’enlever du manuel (disparaît du tout en 1987). Dans le DSM-II de 1968, l’on la trouvait entre les déviations sexuelles, parmi les troubles de la personnalité et d’autres troubles non psychotiques[34]. L’Organisation Mondiale de la Santé l’a enlevé de sa liste (ICD) en 1991. Cela n’attire pas l’attention le fait qu’il faille voter pour inclure ou non un thème de santé, donner ou non certaines indications, etc., dans un manuel tant important et avec tant de nombreux experts: c’est logique que ce soit ainsi, à partir de la bibliographie et données existantes jusqu’à ce moment. La définition de maladies évolue avec les années, par des changements dans les critères diagnostiques, nouvelles études, mais aussi lorsque les coutumes sociales se modifient, comme dans le cas de l’homosexualité[35]. Il est probable dans tous les cas que c'eût été une disposition droite, puisque le désir sexuel pour lui seul ne détermine pas la santé ou maladie d’une personne.

Les causes de ce type d’attraction sont multiples. Pendant l’adolescence, par exemple, il est d’habitude transitoire, qui indique la recherche de l’identité tellement propre de cette étape du développement.

Une décision guidée aussi par des principes extra-médicaux, cette fois à notre avis incohérente et préjudiciable, est la tentative d’interdire n’importe quelle aide professionnelle à ceux qui désirent modifier leur orientation sexuelle envers les personnes du même sexe. Comme nous l’avons dit en parlant des dysphories de genre (ex troubles d’identité), on cherche à favoriser pour chaque individu la propre élection ou changement de sexe, même au prix d’opérations risquées et chères. Á celui, en échange, qui veut réorienter non pas sa sexualité entière y compris corporellement, sinon simplement le désir sexuel qu’il expérimente, on le discrimine de manière injuste, en produisant de grandes souffrances. On lèse ainsi la liberté de beaucoup de personnes. Peut-être en des temps passés les essais de réorientation du désir suivaient des modèles psychologiques comportementaux, avec certaines “thérapies” qui étaient clairement immorales. Mais le fait que quelques méthodes employées chez des personnes qui ne se sentaient pas à l’aise avec leur tendance homosexuelle furent non centrées, ne signifie pas qu’il n’existe pas d’autres chemins pour offrir une aide adéquate. Probablement l’on est arrivé à cette stigmatisation de bonne volonté, mais attire l’attention qu’aujourd’hui on n’arrive pas à établir une discussion raisonnable et raisonnée sur cette matière.

C’est un fait qu’un nombre considérable de personnes avec attraction pour le même sexe aimeraient modifier leur situation, pouvoir se marier et avoir des enfants d’une manière naturelle. Jusqu’à il y a quelques décennies, même ceux qui défendaient la bonté de la tendance homosexuelle et les actes homosexuels, reconnaissaient que«l’équilibre mental entre homosexualité-hétérosexualité pouvait changer quelque-fois durant la thérapie»[36]. Aujourd’hui, pour certains groupes cette possibilité est une gaffe, et parler de “thérapie” un crime, puique suppose considérer l’homosexualité comme quelque-chose qui n’est pas fixe, déterminé et définitif, principe qu’ils considèrent comme point de départ[37].

D’autre part, il est prouvé scientifiquement qu’il est possible de modifier le désir sexuel. Un nombre significatif de personnes réussit à changer son orientation, spécialement si elles ont une motivation forte pour l’obtenir, quand elles accourent à des professionnels compétents[38], même si les orientations médicales ou psychologiques ne sont ni claires ni unanimes, parce qu’on ne la considère pas comme une maladie. Chez presque 50% des personnes qui reçoivent une aide spécialisée par désir propre, apparaît l’attraction sexuelle envers les individus du sexe opposé. Pour atteindre cet objectif, la psychiatrie constate que la personne doit vouloir sortir de sa situation ou, au moins, chercher à l’intégrer et à la comprendre. Ce sont des indices “favorables” du fait qu’on obtiendra ce résultat, l’âge en dessous de 35 ans, les expériences hétérosexuelles antérieures et une forte motivation[39].

Il manque, pour le moment, de grandes études de population qui indiquent comment et qui sont les personnes les plus adéquates pour ce type de changements, parce que le poids de la polémique empêche de les faire avec sérénité. Ce qui abonde, sont les accusations d’une bande à une autre. De manière intuitive, il semble plus simple de modifier un désir, plus ou moins instinctif, que toute la structure sexuelle de la personne. À ceux qui le désirent, cependant, on les empêche dans quelques pays l’accès au personnel sanitaire. On menace les spécialistes pour le seul fait d’ouvrir leurs portes à celui qui souffre.

Ce qui est dit jusqu’à maintenant est la prémisse pour comprendre comment affronter le désire sexuel envers les personnes du même sexe, sur quoi le médecin a aussi beaucoup à dire[40]. En premier lieu, on peut affirmer qu’on ne naît pas déterminé. Comme dans plusieurs circonstances normales et anormales, la couleur des yeux, la prédisposition au diabète, le goût pour le vin ou la tendance antisociale, il ne serait pas rare que la génétique influe d’une certaine manière sur le désir sexuel. Cependant, il est très loin de le déterminer ou de le fixer mécaniquement[41].

Le médecin- comme les parents ou éducateurs- sait que plusieurs personnes peuvent expérimenter de l’attraction pour des individus du même sexe, sans que cela signifie une pathologie ou une condition inévitable. Ce n’est pas scientifique une division de l’espèce humaine selon le type de désirs ou de préférences qu’expérimentent leurs individus, qu’ils soient sexuels, alimentaires, sportifs ou politiques.

La fréquence des désirs sexuels pour les personnes du même sexe est tellement haute, ou tellement basse…, comme on veut le considérer: il suffit de laisser sans contrôle l’instinct, sans freins d’aucun type, pour que se réveille une stimulation dans n’importe quelle direction. Pour cela, beaucoup plus fréquente que la dite homosexualité, comme tendance exclusive envers les personnes du même sexe, on trouve le désir indéterminé. Ici entreraient tous ceux qui en réalité ce qu’ils cherchent est la nouveauté, la diversion, le changement…, avec des hommes, des femmes, mariés ou célibataires. C’est l’extase d’un échappatoire facile à travers internet, d’une transgression enivrante.

Quelquefois on parle de tendances homosexuelles profondément enracinées ou non enracinées, mais il n’est pas clair comment on peut les évaluer ni quelles sont leurs limites. On pourrait considérer une longue durée du désir dans le temps, l’implication de toute le personne et ses décisions, la pratique des actes homosexuels fréquents et peut-être le grade de souffrance et d’inadaptation sociale, avec un malaise important. Mais quelques-uns n’auront pas ces manifestations, même s’ils ont une tendance enracinée. Le critère du temps ou de la durée ne résulte pas non plus pratique parce qu’il servirait seulement a posteriori: si la personne change d’orientation, on peut dire que c’était seulement transitoire; si elle ne change pas, alors ce serait une tendance profondément enracinée. 

Il paraît nécessaire de penser à quelques signes qui suggèrent une évolution vers la stabilité ou permanence. Un certain désir sexuel occasionnel pour les personnes du même sexe peut être normal et passager en certaines périodes -adolescence, par exemple- ou dû à des circonstances de la vie dans lesquelles il n’y ait pas de personnes de l’autre sexe, comme on l’a dit. On pourrait parler aussi de tendance homosexuelle vraie ou fausse. Nous énumererons quelques caractéristiques ou critères pour distinguer un désir homosexuel plus stable, même s’il peut arriver à se modifier. La complexité serait majeure lorsque plusieurs aspects se donnent ensemble:

  • attraction emotivo-sexuelle exclusive, ou plus prédominante, pour des personnes du même sexe, qui persiste après l’adolescence;
  • pratique homosexuelle sans une situation externe qui génère attraction sexuelle pour des personnes du même sexe, comme l’isolement ou la prison, ou causée par une maladie psychique;
  • fantaisies ou pensées homosexuelles accompagnées par des actes, face à des stimulations causées par des personnes du même sexe, y compris l’autoerotisme.

Ce ne sont pas des signes d’homosexualité, si elles se présentent de manière isolée: les préoccupations communes des adolescents (la crainte à être homosexuel peut devenir obssessive), quelque jeu érotique avec des personnes du même sexe pendant l’enfance ou l’adolescence, quelque acte homosexuel occasionnel ou la curiosité pour ces thèmes s’il y a aussi attraction pour des personnes de l’autre sexe, ou les comportements homosexuels occasionnels sous les effets de l’alcool. L’homosexulaité ne doit pas se confondre non plus avec le fait d’avoir quelques gestes, manières de parler ou des goûts qui sont plus fréquents chez le sexe opposé (hommes éféminés ou femmes avec des attitudes masculines).

D’autre part, lorsque les nécessités affectives (affection et valorisation positive) et de développement des enfants sont satisfaites par la famille et les contemporains, il est peu fréquent que se manifeste une tendance homosexuelle. Cependant, cela n’a pas de sens d’accuser les parents, parce qu’habituellement ils l’ont fait de la meilleure manière qu’ils savaient ou pouvaient. La complexité des situations et contextes sociaux peuvent rendre plus difficile l’éducation dans l’environnement domestique. Pour cela, aujourd’hui il est plus important d’offrir aux parents l’orientation adéquate, pour qu’ils puissent bien jouer le rôle de maman ou papa, avec la proximité de chacun de leurs enfants à tous les âges en leur dédiant du temps, ce qui est le meilleur héritage qu’ils peuvent leur laisser. Très utile est qu’ils sachent faire face au bombardement de bestialité qui peut entrer dans la maison par les jeux-vidéos, internet, le cinéma, les spectacles publics… Il y a beaucoup de gens et d’organisations non gouvernementales, d’appui à la famille et de sauvegarde de l’enfance, qui ont cette fin tellement importante comme objectif principal[42].

Dans quelques cas, les suggestions peu pondérées de quelque professionnel de la santé -ou autres figures de référence et autorité- facilitent qu’un désir momentané se convertisse en quelque chose de stable. Les jeux infantils qui ne se terminent pas vite, encore plus s’ils sont favorisés par des complices majeurs, la pornographie homosexuelle à la portée de n’importe quel garçon ou fille et, avec beaucoup de malchance, les abus sexuels de la part des adultes sont aussi des éléments catalisateurs d’une tendance qui commence à prendre forme. Dans la tête et les affections malléables des enfants s’introduisent de manière indélébile des images et émotions pour lesquelles ils ne sont pas psychologiquement préparés. La porte est la curiosité des petits et l’avidité des grands. L’effet est dévastateur, comme celui d’un fleuve qui ne trouve pas de vannes qui freinent son cours et détruit tout sur son passage. Ces images et émotions sont une des grandes blessures qu’une personne peut avoir avec elle jusqu’à sa vie adulte. Même s’il y a des pays qui interdissent légalement la pornographie, rarement des mesures sont prises contre les promoteurs.

Il y a en plus de nombreux facteurs sociaux qui favorisent l’augmentation de la question homosexuelle et le passage du désir à la condition. En partie ils ont été mentionnés: la famille désunie ou inexistante, l’absence ou éloignement affectif du père (plus fréquent chez les hommes) ou de la mère, la défense de la sexualité désordonnée et sans freins, les tentatives pour supprimer les différences entre sexes, la mauvaise application du terme genre et la dite culture gay qui fait propagande et pression, cherchant de nouveaux affiliés[43]. Depuis leurs ,sont promus également les “mariages” entre personnes du même sexe (sans un intérêt réel, dans plusieurs cas, pour des unions stables et durables, qui sont très rares), et la possibilité d’adopter des enfants. La société, pas seulement les médecins, ne reste pas indifférente. Entre les rares études scientifiques sur ces thèmes, il y en a un, ample et rigoureux qui a montré que les enfants adoptés par des couples du même sexe ont significativement plus de conséquences négatives[44]. Confier des enfants en adoption à un couple homosexuel, quand il y a des milliers de couples d’hommes et de femmes désireux de pouvoir les aider, suppose une privation de la richesse qui est pour le développement de l’enfant la figure du père et de la mère.

Beaucoup de personnes avec un désir sexuel vers le même sexe décident et obtiennent de vivre de manière stable et librement en continence. Cela peut être considéré comme un bien, parce que les actes homosexuels (pas la tendance) génèrent des cercles de frustration et désenchantement qui peuvent diminuer l’estime de soi, en plus de faciliter une série de maladies et d’inconforts physiques[45]. S’il y avait une obsession ou compulsion sexuelle, ou des signes de désespoir, alors il serait plus important de favoriser la consultation d’un professionnel de la santé. Un médecin ou psychologue expérimenté est capable d’apporter une aide efficace.

Il est évident que plusieurs personnes avec tendance homosexuelle possèdent des caractéristiques de personnalité très bonnes, sont aimables, sensibles et créatives. L’activité homosexuelle, cependant, pour aller contre la nature spécifique des actes sexuels humains, peut être un signe d’immaturité et se convertir en un vice qui rend esclave. La même chose se passe avec n’importe quelle autre personne qui ne contrôle pas son activité sexuelle. Mettre comme centre des aspirations personnelles la pratique de la sexualité sans freins ni horizons d’amour et d’ouverture à la vie, indique une carence importante.

Une personne familière, un médecin, un éducateur, un prêtre, ne peut réagir avec indifférence ou neutralité devant celui qui lui demande de l’aide lorsqu’il sent un désir homosexuel. Il ne peut le louer comme quelque chose de positif, ni l’encourager à suivre ce chemin. Évidemment il ne peut non plus réagir avec un rejet. Tout en les écoutant avec compréhension et affection, tout le temps nécessaire, ce peut être un bon moment pour leur rappeler quelque chose dit auparavant sur la dignité de la dimension sexuelle chez l’être humain.

Il ne convient jamais de concentrer l’effort ou tous les arguments sur la pratique de la sexualité, comme si c’était l’unique aspect d’intérêt ou l’unique difficulté: «il est fondamental de déplacer le discours du sexe au sens de soi et de sa vie, qui est ce qui importe vraiment»[46]. Lorsqu’on suspecte une tendance homosexuelle persistante, les conseils suivants peuvent aider celui qui les demande, avec le plus absolu respect de la liberté de chaque individu:

  • approfondir dans la valeur des différences entre sexes masculin et féminin, et ne pas penser qu’il appartient à une espèce distincte par le fait d’avoir un désir sexuel différent;
  • rappeler qu’ils sont, comme tous les êtres humains, appelés à la chasteté et peuvent s’efforcer dans la vertu, en s’abstenant de faire usage de la fonction sexuelle, qui est seulement riche et féconde entre un homme et une femme, dans le mariage;
  • cette attitude produit avec fréquence une grande joie et ouvre le chemin à un possible changement d’orientation du désir;
  • il sera utile d’abandonner les ambiances homosexuelles et d’éviter les occasions de rechuter dans des actes homosexuels;
  • favoriser aussi les relations interpersonnelles avec des personnes de l’autre sexe;
  • surligner la valeur de l’amitié;
  • ne pas s’isoler dans une ambiance où il y a seulement des hommes ou seulement des femmes;
  • s’il s’agit d’un adulte mature, duquel difficilement l’on peut espérer un changement dans la tendance déjà enracinée profondément, on peut l’orienter vers des projets de vie dans lesquels atteindre sa propre réalisation hors du mariage (par exemple, volontariat, cultiver des talents artistiques, etc.);
  • développer des intérêts distincts à l’usage de la ,à laquelle il est possible de renoncer: culture, sport, musique et arts divers, etc…

Si un médecin voudrait demeurer neutre dans le thème de la sexualité, évidemment il est libre de le faire. Il n’est pas obligé de donner des leçons de morale à ses patients, et ce n’est pas non plus son travail. Les convictions religieuses pourraient bien être en marge. Cependant, il doit agir en accord avec sa science, et pour cela décourager au lieu d’encourager l’activité sexuelle prématurée ou débridée. Aux jeunes qui lui demandent, il devrait leur déconseiller une relation sexuelle s’ils ne sont pas pleinement matures, puisque «la satisfaction de la sexualité sans amour implique une grave carence»[47]. De cette façon, il protègera la santé physique et mentale de ses patients. La garantie d’une vie sexuelle digne de l’être humain est le vrai amour, qui implique capacité de sacrifice, de don et d’attente.


5. L’Eglise et le sexe.

Dans l’idéologie collective, l’Eglise parle assez du sexe. Et généralement pour le condamner. Il semble que son message soit celui de dire “non, non, non” avant d’avoir fini la question sur si l’on peut ou l’on ne peut pas réaliser telle ou telle chose dans ce domaine… Cependant, cela est une fausse caricature de la doctrine chrétienne sur le sexe. C’est sûr que quelques ministres de l’Eglise n’ont pas toujours bien centré ce thème dans leur tâche pastorale, mais ce fait ne devrait pas fermer la porte à une étude, au moins basique, de ce qu’enseigne réellement la doctrine chrétienne sur ce point.

Dans le premier numéro du “Catéchisme de l’Eglise Catholique” sur le sixième commandement de la loi de Dieu («tu ne commettras pas d’adultère»), l’on part de la considération selon laquelle Dieu est amour; et par la suite l’on parle de la vocation à l’amour à laquelle est appelée l’homme. Le Pape François dans l’exhortation apostolique “Amoris Laetitia” écrit: «Le couple qui aime et génère la vie est la vraie “sculpture” vivante -pas celle de pierre ou d’or que le Décalogue interdit-, capable de manifester le Dieu créateur et sauveur. Pour cela l’amour fécond parvient à être le symbole des réalités intimes de Dieu». Et un saint de nos jours comme Saint Josémaría Escrivá affirme que «l'amour pur et sans tache des époux est une réalité sainte que, en tant que prêtre, je bénis de mes deux mains. La tradition chrétienne a vu fréquemment une confirmation de la valeur divine du mariage dans la présence de Jésus-Christ aux noces de Cana: Notre Seigneur est allé aux noces — écrit saint Cyrille d'Alexandrie — pour sanctifier le principe de la génération humaine.»[48] La sexualité reste insérée depuis le début, dans ce qui a plus de valeur dans la vie de l’homme: la possibilité d’aimer et d’être aimé. Dans un autre point du Catéchisme on explique que: «La sexualité affecte tous les aspects de la personne humaine, dans l’unité de son corps et de son âme. Elle concerne particulièrement l’affectivité, la capacité d’aimer et de procréer, et, d’une manière plus générale, l’aptitude à nouer des liens de communion avec autrui.» (n. 2332). Pour cela, l’Eglise invite à la chasteté, qui n’est pas négation de la sexualité, sinon ouverture à «l’intégration réussie de la sexualité dans la personne» (n.2337).

Si l’Eglise parle de sexualité c’est fondamentalement pour rappeler à l’homme la beauté de l’amour humain, qui inclut cette dimension sexuelle, pour éviter les réductionnismes dans lesquelles l’on tombe facilement lorsque la recherche du plaisir obscurcit le vrai amour humain, qui devrait être toujours la racine de l’exercice de la sexualité. Sûrement il indique quelques limites qui ne doivent pas être dépassées. Mais il ne s’agit pas de limites à jouir du plaisir sexuel comme tel, sinon des limites à l’égoïsme qui, dans ce champ comme dans d’autres, nuble la raison de l’homme en l’emmenant à des comportements qui au fond supposent une dégradation propre, ou du couple. Nietzsche, il y a déjà plus d’un siècle, accusait le Christianisme d’avoir empoisonné l’eros avec ses normes morales, qui suffoquent les plaisirs les plus beaux de la vie. Cependant, en repassant l’histoire de l’Humanité, l’on découvre comment toute société s’est donnée ses règles dans ce domaine, justement pour éviter les abus… Abus qui ont tenu presque toujours comme cible la femme. Le christianisme, avec tant d’autres religions, ont supposé au long des millénaires, des murs de contention utiles pour éviter la banalisation de la sexualité, que porte en soi la généralisation des abus. La révolution sexuelle de laquelle nous avons parlé avant a prétendu “libérer” la sexualité des normes morales et de l’influence des religions, et pour éviter les possibles abus s’est limitée à faire appel à la seule santé publique et au droit pénal… Les résultats peuvent être vues de nos jours où sont chaque fois plus fréquents les phénomènes de violence de genre, abus de mineurs et dépendances du sexe.

Mais le manque de chasteté, de cette intégrité de la sexualité dans l’ensemble de la personne et de sa capacité d’aimer, n’emmène pas seulement aux abus signalés auparavant. Ceux-ci, pourrions-nous dire, sont seulement la pointe de l’iceberg. Le manque de chasteté obscurcit surtout la capacité de “voir” de l’homme. Il l’empêche de découvrir la beauté de la femme, qui certainement va beaucoup plus loin de son corps sexué. Les jeunes, et les pas tant jeunes, bombardés pas la pornographie et impulsés à la pratique précoce de la sexualité génitale, perdent la sensibilité pour regarder l’autre personne, et dans le fond, pour la connaître telle qu’elle est… En échange, la vertu de la chasteté, sait mettre le corps, avec ses valeurs sexuelles, dans le contexte d’une personne, et pas seulement d’un “morceau de chair”. Cette capacité de regarder, de découvrir l’autre comme personne, de pouvoir arriver à connaître son intimité est ce que propose l’Eglise lorsqu’elle parle de sexualité, et lorsqu’elle invite à vivre la chasteté.

Benoît XVI dans sa première encyclique, “Deus Caritas est”, enseignait:«Il en ressort ainsi clairement que l’eros a besoin de discipline et de purification pour donner à l’homme, pas le plaisir d’un instant, sinon une manière de le faire goûter en avance d’une certaine manière le plus haut de son existence, cette félicité à laquelle tend tout notre être»[49]. Si la norme morale peut signifier en un certain moment un “non” à un certain comportement, il s’agit d’un “non” qui ouvre la porte à d'innombrables “oui” beaucoup plus grands. Dans ce contexte on comprend l’invitation de St Jean Paul II, dans une de ses catéchèses, à offrir une vision intégrale de la sexualité: «La connaissance purement “biologique” des fonctions du corps comme organisme unies avec la masculinité et féminité de la personne humaine, est capable d’aider à découvrir le sens sponsal authentique du corps, seulement s’il va uni à une adéquate maturité spirituelle de la personne humaine. Sans cela, cette connaissance peut avoir des effets même opposés; et cela les multiples expériences de notre temps le confirment»[50].

Dans les religions païennes la sexualité était en partie divinisée par le concours des dieux et déesses dans leur activité. Pour le Peuple d’Israël, et après pour les chrétiens, nous pourrions dire que la divinisation de la sexualité change complètement de paradigme. Le Dieu d'Israël est le “totalement Autre”: il ne se mélange pas dans les choses humaines comme peuvent le faire Zeus, Apollon, Aphrodite ou Dionisio. Cependant, il est très présent dans la vie de son peuple, puisqu’il console Israël comme une mère son fils (cf. Is 66,13). Avec l’Incarnation du Verbe, du Fils de Dieu, tout l’humain, et par conséquent aussi la dimension sexuelle de la personne, a été élevé - avec des mots de la constitution pastorale “Gaudium et Spes” du Concile Vatican II - à une dignité sans pareille. Et le texte conciliaire continue en disant: «Car, par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme» (n.22). Pour cela, l’exercice de la sexualité humaine selon le plan originel de Dieu, est quelque chose pas seulement de bon, sinon de saint, de divin.


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[1]Pablo Requena est Professeur de Bioéthique à la Faculté de Théologie de la Pontificia Università della Santa Croce, Rome. Médecin et prêtre, Docteur en Théologie Morale, il est aussi Délégué du saint Siège pour la World Medical Association et Membre de la Pontificia Academia Pro Vita.

Wenceslao Vial est Professeur de Psychologie et vie spirituelle à la Faculté de Théologie de la Pontificia Università della Santa Croce, Rome. Médecin et prêtre, Docteur en Philosophie, il combine ses connaissances cliniques et son travail académique avec une ample activité pastorale en relation avec les différents pays et cultures. 

[2] Les données de cette section et les citations textuelles viennent de J. R. Stoner, D. M. Hughes (ed.), Les coûts sociaux de la pornographie, Rialp, Madrid 2014. C’est aussi de grand intérêt le document de la Conférence Episcopale des États-Unis, “Crée en Moi un Coeur Pur: Une réponse Pastorale à la pornographie” (novembre 2015).

[3] Les 66% des hommes et les 80% des femmes pensent que la pornographie est dégradante (J. R. Stoner, D.M. Hughes (ed.), Los costes sociales, 31).

[4] Ibidem, 32.

[5] Une brève présentation peut se trouver en E. Colom, P. Requena, Cómo explicar la revolución sexual, Eunsa, Pamplona 2012.

[6] Pour approfondir les questions philosophiques de fond l’on peut consulter: M. Fazio, Historia de las ideas contemporáneas. Una lectura del proceso de secularización, Rialp, Madrid 2006.

[7] H. Marcuse, One-Dimensional Man, Beacon Press, Boston 1964, pp. 51-69.

[8] En cela Freud démontrait avoir raison quand, parlant de la libido, il insistait sur la nécessité de la soumettre à des normes: «l’on a besoin d’un obstacle pour pousser la libido vers le haut et là, où les résistances naturelles contre la satisfaction érotique ne sont pas suffisantes, les hommes ont introduit des résistances conventionnelles pour jouir de l’amour». (S. Freud, Beiträge zur Psychologie des Liebeslebens (1912), Internationaler Psychoanalytischer Verlag, Leipzig-Wien-Zürich 1924, p. 28). Certainement, une telle vision de l’éros est réductive, puisqu’il ne suffit pas que celui-ci ne soit pas pornographique ni consumiste, sinon qu’il doit surtout s’intégrer dans l’amour humain, qui consiste dans le don de soi.

[9] Comme l’a noté Erich Fromm critiquant la vision mercantiliste de la sexualité, le modèle ou le critère de l’amour est celui de l’échange et le problème de l’amour ne consiste pas en une manière d’être sinon de trouver et aimer l’objet juste (Voir E. Fromm, The Art of Loving, Harper & Row, New York 1956, pp. 83-107).

[10] De Beauvoir fait sienne une déclaration du Komintern soviétique (16 novembre 1924): «la révolution sera importante jusqu’à ce qu’existent les notions de famille et de relations familières» (S. De Beauvoir, Le deuxième sexe, Gallimard, Paris 1976, p. 346 (1ª ed. 1949).

[11] Les titres sont: La volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le soin personnel.

[12] Une analyse critique de ces auteurs et des livres cités se trouve dans J. Trillo-Figueroa, Una revolución silenciosa. La política sexual del feminismo socialista, Libroslibres, Madrid 2007.

[13] Pour une valorisation critique des études, peut être consulté: M. Tarasco, Consideraciones sobre la influencia del Reporte Kinsey, “Cuadernos de bioética” 8 (1997), 1385-1397; J. Reisman, Sexual Sabotage: How One Mad Scientist Unleashed a Plague of Corruption and Contagion on America, WND Books, Washington DC 2010.

[14] Pour approfondir sur ce thème, voir: W. Vial, Madurez psicológica y espiritual, Palabra, Madrid 2016, pp. 235-266; R. Zapata, J. Plá, “Trastornos psicosexuales”, en J. Cabanyes, M.A. Monge (eds.), La salud mental y sus cuidados, Eunsa, Pamplona 2010, pp. 345-356.

[15] Cfr. American Psychiatric Association, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition (DSM-5), APA Press, Washington DC 2013; dysfonctions: pp. 423-450; dysphorie de genre: pp. 451-459; paraphilies: pp. 685-705.

[16] Cfr. F. Di Noto, “Abuso sessuale di bambini (Pedofilia)”, en Enciclopedia di bioetica e sessuologia, Elledici, Leuman (To) 2004 pp. 7-12; I. Mastropasqua, “Abuso sessuale di bambini. Giustizia minorile”, en ibidem, pp. 15-19.

[17] Cfr. DSM-5, cit., p. 829; c’est significatif que dans le glossaire du manuel apparaît seulement cette définition de sexe et sept termes en relation avec le concept de genre, entendu comme le rôle féminin ou masculin assumé.

[18] Cfr. R. Zapata, J. Plá, “Trastornos psicosexuales”, cit., pp. 350-351.

[19] Cfr. J. Achermann, L. Jameson, “Trastornos del desarrollo sexual”, en T. R. Harrison, Principios de Medicina Interna, Mc Graw Hill, 2012 (18ª), cap. 349.

[20] Cfr. A. Polaino-Llorente, Sexo y cultura. Análisis del comportamiento sexual, Rialp, Madrid 1992.

[21] Cfr. V. Frankl, Ante el vacío existencial. Hacia una rehumanización de la psicoterapia, Herder, Barcelona 1990 (6ª), pp. 26-27.

[22] F. Poterzio, Manuale di introduzione alla psicoterapia, Magi, Roma 2013, p. 184. Franco Poterzio est professeur émérite de psychiatrie de l’Université de Milan.

[23] Pour approfondir: W. Vial, “Responsabilità nelle persone con dipendenze patologiche”, in Annales theologici 29/2 (2015), pp. 373-393; C. Chiclana, Atrapados en el sexo. Cómo liberarte del amargo placer de la hipersexualidad. Almuzara, Barcelona 2013.

[24] H. McCall, N. Adams, D. Mason, J. Willis, “What is chemsex and why does it matter?” in British Medical Journal, 351 (2015).

[25] Cfr. V. F. Von Gebsattel, Antropología médica, Rialp, Madrid 1966, p. 277.

[26] Cfr. V. Frankl, La idea psicológica del hombre, Rialp, Madrid 1963, pp. 40-41.

[27] Idem, Psicoanálisis y existencialismo, Fondo de Cultura Económica, México D.F. 1967 (5ª), p. 209.

[28] H. Remplein, Tratado de psicología evolutiva. El niño, el joven y el adolescente, Labor, Barcelona 1971, p. 564.

[29] Cfr. V. Frankl, Psicoanálisis y existencialismo, cit., pp. 200-209.

[30] Cfr. A. S. Fauci, H. D. Marston, “Ending AIDS — Is an HIV Vaccine Necessary?” in The New England Journal of Medicine, 370 (2014), pp. 495-498.

[31] Cfr. S. Okie, “Sex, Drugs, Prisons, and HIV”, in The New England Journal of Medicine, 356 (2007), pp. 105-108. La drogue est aussi très fréquente dans les prisons (et le conseil de l’OMS a été de donner aux prisonniers des seringues propres); et le taux de positivité du virus du sida s’estime à quatre fois plus que dans la population générale.

[32] Cfr. D. Drayna, “Is Our Behavior Written in Our Genes?” in The New England Journal of Medicine, 354 (2006), pp. 7-9.

[33] Cfr. R. C. Friedman, J. Y. Downey, “Homosexuality”, in The New England Journal of Medicine, 331 (1994), pp. 923-930.

[34] American Psychiatric Association, DSM-II, Washington 1968 (V, 302), pp. 10 y 44. De 30.000 personnes avec droit au vote, seulement 25% a voté et les 60% des votants se sont manifestés en faveur de l’élimination de l’homosexualité de la liste de maladies: cfr. J. De Irala, Comprendiendo la homosexualidad, Eunsa, Pamplona 2006.

[35] Cfr. D. S. Jones, S. H. Podolsky, J. A. Greene, “The Burden of Disease and the Changing Task of Medicine”, en The New England Journal of Medicine, 366 (2012), pp. 233-2338. On mentionne trois maladies qui ont été redéfinies par des changements sociaux: l’homosexualité, la masturbation et l’alcoolisme.

[36] R. C. Friedman, J. Y. Downey, “Homosexuality”, cit., p. 927: les auteurs, citant des articles de l’époque (avant 1994), signalent que peut changer l’identité des personnes avec désir homosexuel, vers l’hétérosexualité, même s’ils l’attribuent à une perception diverse des fantaisies sexuelles. Ils concluent qu’il faut plus d’études, ce qui reste en vigueur au jour d’aujourd’hui.

[37] De là les efforts pour discréditer et attaquer celui qui pense de manière diverse. Pour eux, n’importe quel essai de changement n’est pas seulement inutile, sinon aussi préjudiciel pour la santé. Jusqu’à l’éditorial d’une revue médicale de prestige, que nous avons cité avec fréquence, se scandalise aujourd’hui (non, par contre, il y a peu d’années) de ce que l’on peut offrir une aide médicale à des personnes avec tendance homosexuelle, comme si c’était un manque de respect, et milite pour le mariage homosexuel comme une manière de favoriser la santé. Cfr. E. W. Campion, S. Morrissey, J. M. Drazen, “Support of Same-Sex Marriage”, in The New England Journal of Medicine, 372 (2015), pp. 1852-1853.

[38] Cfr. J. Nicolosi, Como prevenir la homosexualidad: los hijos y la confusión de género, Palabra, Madrid 2009; G. Van den Aardweg, Homosexualidad y esperanza. Terapia y curación en la experiencia de un psicólogo, Eunsa, Pamplona 1997.

[39] Cfr. A. Camisassi, P. Cardinale, “Sindromi psicosessuali”, en F. Giberti, R. Rossi, Manuale di psichiatria, Piccin, Padova 2009, pp. 257-286.

[40] Cfr. W. Vial, Madurez psicológica y espiritual, cit., pp. 261-266.

[41] Cfr. N. López Moratalla, “Dinámica cerebral y orientación sexual. Se nace, o se hace, homosexual: una cuestión mal planteada”, en Cuad. Bioét. XXIII, 2012/2ª, pp. 373-420. L'accent mis sur la recherche d’une explication génétique à l’homosexualité, qui a été à la mode, a diminué, aussi à cause de la “crainte” de quelques groupes que, si on la trouverait, on pourrait recommencer à “médicaliser” la situation, en l’incluyant de nouveau dans les listes de maladies. 

[42] Par exemple: eurochild.eu, ninosprotagonistas.org, familyperspective.org, intermediasocialinnovation.org.

[43] Comme curiosité historique, un des premiers à essayer d’appuyer scientifiquement la bonté de la tendance homosexuelle fût le médecin allemand Magnus Hirschfeld (1868-1935); déjà alors l’on voyait une augmentation des personnes jeunes qui commencèrent à se considérer homosexuelles, en sentant se réveiller en eux pendant l’adolescence une impulsion sexuelle pas bien différenciée, comme avertit un important traité de médecine de l’époque: cfr. O. Bumke, “Predisposiciones psicopáticas”, en G. Von Bergmann, R. Staehelin, V. Salle, Tratado de medicina interna (Handbuch der inneren Medizin: 1925-1931 y siguientes), V, 2ª, Labor, Barcelona 1944, pp. 1865-1866.

[44] M. Regnerus, “How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study”, en Social Science Research 41 (2012), pp., 752-770. L’auteur fait, aux États-Unis, une ample étude comparative, avec de nombreuses variables (vie familiale, identification du propre sexe, abus sexuels, travail, prison, usage de marijuana, etc.) entre les enfants de familles biologiques intactes formés par un père et une mère (intact bio family), parents homosexuels, parents divorciés, parents adoptifs et un seul père. Il montre comment les enfants ayant grandi dans des familles qui demeurent intactes durant l’enfance ont plus de possibilités de succès étant adultes. 

[45] Pour la différence entre acte et tendance, cfr. J. F. Harvey, Attrazione per lo stesso sesso, ESD, Bologna 2016, pp. 30-33. Une ample révision sur les aspects médicaux de la sexualité se trouve dans: L. Mayer, P. McHugh, Sexuality and Gender. Findings from the Biological, Psychological, and Social Sciences, en “The New Atlantis”, Nº 50, agosto 2016.

[46] A. Persico, Omosessualità, Tra scelta e sofferenza, Alpes, Roma 2007, p. 50.

[47] C. Bühler, Psicología de la vida activa: potencialidades y expectativas (Wenn das Leben gelingen soll: 1969), Psique, Buenos Aires 1976; cité de l’édition italienne: Psicologia e vita quotidiana, Garzanti, Milano 1970, p. 191.

[48] J. Escrivá de Balaguer, Es Cristo que pasa, 24, Rialp, Madrid 2012.

[49] Benoît XVI, Encyclique Deus caritas est, n. 4.

[50] Catequesis 8.04.1981.